Pierre Montel, chargé de mission à la fédération des radios associatives des Pays de la Loire.
Qu'allez-vous faire précisément mercredi, sur le toit du Sillon de Bretagne ?
Après le lancement du congrès national des radios libres, tout le monde se déplacera à Saint-Herblain pour une opération symbolique. En début d'après-midi, depuis le Sillon de Bretagne, nous lancerons le signal de la première démonstration de diffusion numérique terrestre multinorme. Rachid Arhab, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel allumera l'émetteur. Pour la première fois des gens aussi différents que OÜI FM, Hit West, RFI et LCI radio se sont entendus pour envoyer un message fort au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et au ministère de la Culture. La belle démonstration nantaise va durer deux mois. Nous allons distribuer une dizaine de récepteurs, dont six dans les radios nantaises où il sera possible d'aller se rendre compte de la qualité des émissions de radio numérique.
C'est la reconnaissance d'une place à part des radios nantaises ?
D'habitude le congrès se tient dans la région parisienne. Cette année, de façon exceptionnelle, le syndicat historique des radios libres a choisi Nantes. Les radios nantaises et régionales sont citées en exemple pour tout un tas d'initiatives, entre autres le développement de technologies comme la Radio Numérique Terrestre. L'histoire se répète. Il y a toujours des combats à mener. Hier contre le monopole d'État ; aujourd'hui contre les gros groupes privés qui bloquent sur la question de la radio numérique.
Le congrès tournera donc autour de la radio numérique ?
Ce sera le sujet principal. Sur le plateau, nous attendons du beau monde : des représentants du CSA et du ministère de la culture, mais aussi quelqu'un de la BBC. De l'autre côté de la Manche, ils se sont lancés avant nous. Nous voudrions que le ministère et le CSA envoient un signal, pour un lancement avant la fin de l'année 2010. Ce qui correspondrait au calendrier fixé avant que les quatre principaux groupes commerciaux stoppent l'élan collectif. Prétextant qu'ils n'ont pas trouvé de modèle économique viable, ils ont demandé un moratoire de 18 mois.
Qu'y gagneront les auditeurs ?
Saturée, la bande FM ne peut pas accueillir une radio de plus. Des radios nationales comme OÜI FM (rock), FG radio, TSF jazz pourraient alors émettre à Nantes. Le passage à la radio numérique terrestre y ouvrirait au moins dix places supplémentaires.
Mais il faudra changer les récepteurs...
Les gens ne se sont pas posé la question avec la télé numérique. Les récepteurs radios que nous utilisons sont amortis depuis longtemps. Et je signale que nos amis de la BBC, quand ils sont passés au numérique, ont mis en place la prime à la casse des récepteurs radios.